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"Mon pays c'est l'amour", un album plein de vie, 100% Johnny

Dernière modification : 15/10/2018

© AFP | Un passant devant l'affiche de l'album posthume de Johnny Hallyday, le 15 octobre 2018 à Paris

PARIS (AFP) - 

Tout sauf un album testamentaire: "Mon pays c'est l'amour", qui sort vendredi, dure 37 minutes et 29 secondes et comporte dix chansons dans lesquelles Johnny Hallyday chante de sa voix intacte toute la musique qu'il aime, rock, blues, rockabilly et ses thèmes chers.

1. J'en parlerai au diable

L'entrée se fait au piano et à l'orgue. On décèle des notes rappelant celles de son tube "Que je t'aime".

Sur un rythme mid-tempo, la voix, claire, pure de Johnny se fait entendre: "Si jamais on me dit que j'ai trahi, alors je ne bronche pas. Le jour viendra de répondre de mes actes et je ne me cacherai pas".

De qui parle-t-il? Mais de lui pardi! Ce n'est pas la première fois qu'il traite de mort et de rédemption. C'est juste la dernière, avec ce refrain: "J'en parlerai au diable, si l'heure vient à sonner de m'asseoir à sa table et dire ma vérité".

2. Mon pays c'est l'amour

L'idée première de cet album était de renouer avec le rockabilly et les chansons de stades. Ce titre remplit les deux cases.

"Je viens d'un pays où j'ai choisi de naître, mon pays c'est l'amour": Johnny s'offre un voyage dans le temps en 1960. Le rythme est endiablé, la voix de Johnny se rapproche de celle du jeune homme au déhanché irrésistible qu'il fut à 20 ans.

3. Made in rock'n roll

Une chanson indissociable de la précédente. "Johnny a conçu son album comme une setlist de concert", a expliqué Yodelice.

Sur cette adaptation d'un titre récent de JD McPherson "The good times roll", on reste dans le pur rock'n roll, dans ces sixties où le taulier était "l'idole des jeunes".

Plein de vie et d'envie il chante: "Ce n'est pas le temps qui va user ma carcasse, le temps se lassera bien avant moi".

4. Pardonne moi

Un titre poignant. Avec son introduction à la "Madame rêve" d'Alain Bashung, Johnny revient à la ballade où l'amour côtoie le pardon.

"Pardonne moi si les silences au fond de moi m'ont rendu sourd", chante-t-il.

5. Interlude

Cet instrumental consiste en une déclinaison de cordes de +J'en parlerai au diable+.

6. 4 m2

La face B débute avec un thème cher à Johnny: la chanson carcérale. Dans ce blues, Johnny chante d'une voix grave "J'ai des désirs d'alcool, de descente en sous-sol".

Il prend du plaisir, cela s'entend en fin de morceau sur un "Ouais!" judicieusement conservé.

7. Back in LA

Johnny en mode Rolling Stones cette fois.

Le refrain "I want you back in L.A./C'est ici que je t'aime" témoigne de l'attachement du chanteur pour la cité des anges, où il aimait "vivre, se promener incognito, voir des concerts de blues", a résumé son ancien manager Sébastien Farran.

8. L'Amérique de William

Avec ce morceau blues, on reste aux Etats-Unis, ce pays qui a tant fait rêver Johnny avec sa musique, sa culture, ses "crossroads", "drive-in" et "Texaco".

"Ce sont les grands espaces intimes, ce sont les mégots de l'histoire qui fument encore sur les trottoirs", entonne-t-il. Il aurait pu l'écrire sur la route pendant un de ses road-trips à moto.

9. Un enfant du siècle

Retour à la ballade rock, sur cette chanson où Johnny se "rappelle de chacune des blessures en (lui)". Le reste des paroles sont plus absconses, musicalement on lorgne vers la période 80's, celle de Jean-Jacques Goldman.

La montée finale avec les cuivres peine à sauver ce morceau.

10. Tomber encore

L'entame piano-guitare-batterie rappelle bien des tubes de Bruce Springsteen.

Mais cette chanson d'amour, écrite par un fan, Boris Lanneau, ne tient malheureusement pas ses promesses, avec des textes peu inspirés.

11. Je ne suis qu'un homme

La conclusion est belle avec cette ballade sombre. Même quand elle semble tirer sur toutes ses cordes, la voix prend au coeur sur ces mots "Le soleil se couche. La rage en moi me rappelle que je ne suis qu'un homme".

En fin de parcours, la montée instrumentale est grandiloquente, jusqu'aux tous derniers mots prononcé par Johnny: "Je ne suis qu'un homme".

© 2018 AFP