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Élan de solidarité international pour le combat des Iraniennes contre le port du voile

Dernière modification : 07/03/2018

© @AlinejadMasih | Des femmes brandissent des foulards pour soutenir le mouvement de protestation des femmes en Iran.

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

À l'occasion de la Journée internationale des femmes jeudi, des citoyennes du monde entier se mettent en scène avec un foulard sur les réseaux sociaux. Objectif : donner de la voix aux Iraniennes qui protestent contre le port du voile.

Elles sont Turques, Arméniennes, ou Pakistanaises et veulent afficher leur soutien aux Iraniennes du mouvement #GirlsofRevolutionStreet. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, quelques femmes d'Istanbul ont défilé tête nue dans un marché, un hijab à la main.

En Arménie, des citoyennes se sont prises en photo devant l'université d'Erevan, tenant aussi un foulard pour la Journée internationale des droits des femmes. "On sensibilise sur les femmes d'Enghelab [du nom de la rue où les femmes ont commencé à protester à Téhéran] et on veut que vous sachiez que la jeunesse arménienne est à vos côtés", commente l’une d’elles. "Restez dévouées et courageuses dans votre combat !"

Même mise en scène au Pakistan, où des femmes s'affichent avec un foulard à la main.

Plus de 200 vidéos en quelques semaines

Tous ces clichés et vidéos ont été recueillis sur la plateforme #WhiteWednesdays, qui fait campagne depuis mai 2017 contre le port du voile obligatoire pour les femmes en Iran. Ils font écho à l'arrestation de la Téhéranaise Vida Movahed fin décembre qui, tête nue, était montée sur une armoire électrique rue d'Enghelab ("révolution", en persan) en arborant son voile au bout d'une perche. Si elle a été libérée depuis, une trentaine d'autres Iraniennes ont été arrêtées pour avoir défié en public cette règle vieille de près de 40 ans.

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Avant la révolution islamique de 1979, de nombreuses Iraniennes portaient des tenues de style occidental, y compris des minijupes et des hauts à manches courtes. Depuis l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeini, la loi leur impose de sortir tête voilée et le corps couvert d'un vêtement ample plus ou moins long. Mais cette législation a toujours fortement divisé la société.

Violence des forces de l'ordre

Pas étonnant que la campagne menée par la fondatrice du mouvement #WhiteWednesdays, Masih Alinejah, sur les réseaux sociaux ait attiré un nombre considérable d'internautes : plusieurs centaines de vidéos filmées en Iran visionnées, dont certaines "aimées" par 25 000 utlisateurs de Facebook. La plupart des images illustrent la force et parfois la violence des forces de l'ordre envers les contestataires.

Dernière en date : fin février, une femme qui manifestait contre le voile a été brutalement éjectée par un policier du support où elle se tenait. Selon la fondatrice du mouvement, Masih Alinejah, exilée aux États-Unis depuis plusieurs années, la jeune femme "a été arrêtée et tabassée en détention".

Les autorités iraniennes ont réagi par la voix de la vice-présidente chargée des femmes et de la famille, affirmant qu'elle n'approuvait pas l'"usage de la force" pour faire respecter l'obligation faite aux femmes de porter le voile dans l'espace public.

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Autre signe d'apaisement à quelques jours de la Journée internationale du droit des femmes : la libération sous caution d'un des visages de la contestation citoyenne Shima Babaei, dimanche 4 mars. L’avocate avait été arrêtée le 2 février dernier avec son époux pour avoir ôté son voile devant un tribunal.

Toutes ces femmes qui ont osé se montrer en public la tête dévoilée encourent une peine de 10 ans d’emprisonnement pour incitation à la prostitution.

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