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Birmanie : Aung San Suu Kyi se rend dans la région des Rohingya

Dernière modification : 02/11/2017

© Aung Htet, AFP | Aung San Suu Kyi, le 15 octobre 2017.

Texte par FRANCE 24

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s’est rendue jeudi par surprise dans le nord de l’État de Rakhine, lieu des violences contre la minorité musulmane rohingya.

C'est une première. La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est arrivée, jeudi 2 novembre, dans l'ouest du pays, pour une visite surprise dans la région où l'armée a lancé fin août une campagne de répression qui a poussé plus de 600 000 musulmans rohingyas à fuir au Bangladesh.

"La conseillère d'État [titre officiel d'Aung San Suu Kyi, NDLR] est maintenant à Sittwe et ira à Maungdaw et Buthidaung", a déclaré à l'AFP Zaw Htay, le porte-parole du gouvernement, citant deux districts du nord de l'État de Rakhine (ou Arakan), épicentre des violences, qualifiées par l'ONU d'"épuration ethnique". Le gouvernement, qui n'avait pas annoncé cette visite, n'a pas indiqué pour l'instant si elle se rendrait dans des villages brûlés, désertés par les Rohingya.

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C'est la première fois que la prix Nobel de la paix, arrivée au pouvoir en Birmanie en avril 2016, se rend dans la région depuis le début du conflit. Aung San Suu Kyi est très critiquée à l'étranger pour son peu d'empathie envers les Rohingya, considérés comme l'une des minorités les plus persécutées au monde, dans ce pays marqué par un fort nationalisme bouddhiste. La dirigeante doit composer avec une armée qui reste très puissante, malgré l'autodissolution de la junte en 2011, ainsi qu'une opinion publique largement xénophobe et antimusulmane.

Les autorités birmanes rejettent jusqu'ici les accusations d"épuration ethnique" et assurent ne vouloir qu'éradiquer la rébellion musulmane, l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA).

Vers une catastrophe sanitaire

Depuis le début de la crise, l'ONU réclame en vain l'arrêt des combats, des accès pour l'aide humanitaire dans l'ouest de la Birmanie et le retour des réfugiés dans leurs zones d’origine. Dans les camps au Bangladesh, les autorités et ONG redoutent une catastrophe sanitaire. La surpopulation et l'insalubrité des camps de réfugiés au Bangladesh, qui accueillent désormais près d'un million de Rohingya, constituent un terreau fertile pour l'apparition de maladies.

Les Rohingya représentent la plus grande population apatride au monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous la junte militaire. Victimes de discriminations, ils ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et hôpitaux.

Avec AFP

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