Player

France 24 Mobile – L’actualité internationale 24h/24

Meeting à Colomiers : Manuel Valls appelle les socialistes à l'unité face à la "menace Sarkozy"

Dernière modification : 30/08/2016

© Pascal Pavani, AFP | Manuel Valls, lors de son discours prononcé lundi 29 août à Colomiers, près de Toulouse.

Texte par FRANCE 24

À huit mois d'une élection présidentielle pour laquelle la gauche part divisée, le Premier ministre, Manuel Valls, a appelé au rassemblement, lors d'un meeting organisé, lundi, près de Toulouse, en présence des ténors du Parti socialiste.

Rassemblement et débat étaient les deux mots d’ordre lancés par Manuel Valls, lundi 29 août lors d’un meeting à Colomiers, près de Toulouse (Haute-Garonne), en présence de quatre membres du gouvernement et du premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis. Le Premier ministre a en effet appelé à surmonter les querelles de la majorité à huit mois de l'élection présidentielle.

>> À lire sur France 24 : "À huit mois de la présidentielle, la gauche apparaît plus divisée que jamais"

Intitulé "L'essentiel, c'est la République", la réunion a vu défiler à la tribune Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem, venus défendre le quinquennat de François Hollande devant un millier de militants et sympathisants, après l'annulation de l'université d'été du Parti socialiste prévue à Nantes.

Dans un contexte marqué par la polémique sur le burkini et les divisions à gauche, où des ténors comme Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont lancé leur candidature pour 2017, Manuel Valls a appelé à s'unir pour préserver une chance de l'emporter. "Parlons-nous franchement : l'éventualité est très sérieuse qu'il y ait un second tour entre la droite et l'extrême droite", a-t-il déclaré. "Mais moi, je ne vois que la gauche capable de rassembler le camp des républicains. Alors, il va falloir redoubler d'efforts, pour être là, pour être ceux qui rassembleront les Français."

Pour voir les images et vidéos sur vos tablettes et mobiles, cliquez ici.

Celui qui reste loyal au président, lequel dira en décembre s'il brigue ou non un second mandat, a défendu les réformes du quinquennat finissant, du tiers-payant à la réforme du collège en passant par le "mariage pour tous". Et de poursuivre, "Les solutions, c'est la gauche qui les a mises en œuvre", a martelé le Premier ministre.

Manuel Valls a surtout profité de ce meeting pour se présenter en recours possible dans le cas où François Hollande renoncerait à se présenter à la présidentielle, souligne-t-on dans un article paru mardi sur le site du Monde. Multipliant les formules ambigües et se présentant comme un "ministre libre", le locataire de Matignon a su séduire ses partisans qui voient en lui un candidat plus crédible que l'actuel président, poursuit l'envoyé spécial du journal. Les moins optimistes l'imaginent volontiers comme l'"homme d'après" : celui qui ne gagnerait pas forcément la présidentielle de 2017 mais qui permettrait de relancer le parti en cas d'échec. Les propos de Valls ont aussi sérieusement agacé les pro-Hollande qui l'atccusent de faire obstacle au rassemblement qu'il appelle pourtant de ses vœux.  

Nicolas Sarkozy, "une menace considérable", selon Valls

Il a également ciblé l'ancien président Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle. "Une menace considérable", a-t-il déclaré. "C'est un programme brutal, d'affrontements, qui vise les corps intermédiaires et notre modèle social. Il prend une responsabilité terrible en donnant corps à ce bloc réactionnaire, à ce programme commun entre la droite dure et l'extrême droite".

Sans aborder directement la polémique sur le burkini, le Premier ministre a évoqué le thème de la liberté de la femme en France : "Marianne a le sein nu, elle n'est pas voilée parce qu'elle est libre, c'est ça la République".

Sur les dissensions au sein du PS, il a dénoncé "les critiques, les attaques outrancières, parfois intolérables, à l'égard même du chef de l'État ! Je mets en garde contre cette surenchère des diviseurs qui n'ont qu'un seul objectif : punir la gauche de gouvernement", a-t-il déclaré à l'adresse des anciens ministres Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Cécile Duflot, très sévères avec le président.

"Mais nous avons besoin d'inventer, de parler librement aux Français, d'ouvrir de nouvelles voies. Sans jamais fuir les débats, sans occulter des sujets, même si parfois, la gauche est mal à l'aise avec certains", a-t-il souligné.


Le PS et Bruxelles

Au chapitre européen, le Premier ministre a demandé à son camp de réclamer l'assouplissement du Pacte de stabilité, qui prévoit notamment que le déficit public d'un État soit inférieur à 3 % de son PIB.

"La gauche européenne, social-démocrate, doit se faire entendre davantage sur la relance économique, sur l'assouplissement des règles du Pacte de stabilité, pour lutter contre le dumping social et la fuite fiscale, sur le dossier des travailleurs détachés", a-t-il martelé.

François Hollande s'est vu reprocher de ne pas avoir réorienté les règles budgétaires de l'Europe comme il l'avait promis pendant sa campagne en 2012, acceptant baisses de dépenses publiques et hausses d'impôt pour réduire le déficit.
 

Avec Reuters

  • FRANCE

    À huit mois de la présidentielle, la gauche apparaît plus divisée que jamais

    En savoir plus

  • FRANCE

    Manuel Valls soutient l'interdiction du burkini prise dans certaines communes

    En savoir plus

  • FRANCE

    Primaire de la gauche : Arnaud Montebourg officialise sa candidature pour 2017

    En savoir plus