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MEXIQUE

Exclusif : au Mexique, un vote s'achète pour une poignée de pesos

Dernière modification : 09/07/2012

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Texte par FRANCE 24

Des électeurs mexicains témoignent, face à la caméra, des pratiques de corruption du PRI afin de se rallier des militants ou obtenir leur vote. Un reportage exclusif signé Laurence Cuvillier et Matthieu Comin, correspondants de FRANCE 24.

Le scrutin présidentiel au Mexique, le 1er juillet dernier, est-il au-dessus de tout soupçon de fraude ? Dans un reportage exclusif réalisé par les correspondants de FRANCE 24, Laurence Cuvillier et Matthieu Comin, des électeurs avouent à visage découvert qu’ils ont reçus des cadeaux, des sommes allant jusqu’à 80 euros, en échange de leur soutien au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI).

"Ils nous contactent, nous demandent de regrouper des personnes, puis nous paient", avoue candidement devant la caméra Adriana Carrillo, militante du PRI, qui considère cette pratique "tout à fait normale". Telle autre militante admet recevoir chaque mois un kilo d’œufs, de la viande et du riz en échange de son inscription à l’antenne locale du parti. Une situation que nie le responsable d’une cellule de militants du PRI, Gérardo Garcia : les militants "ne reçoivent rien, pas un centime", affirme-t-il.

Acheter un vote constitue un délit au Mexique. Mais la majorité des électeurs a été habituée à des décennies de fraudes électorales orchestrées par le PRI : une façade de démocratie ou une dictature parfaite, en somme. "Ces pratiques ne sont pas exclusives du PRI", précise cependant Laurence Cuvillier, "c’est surtout monnaie courante lors des élections locales".

Pour l’Institut électoral fédéral, il est très difficile de traquer ces petites fraudes. L’Institut fonctionne comme un corps de police et repose sur les plaintes de citoyens pour enquêter. Si des cas d’achats de voix sont constatés mais qu’ils ne sont pas à même d’avoir modifié substantiellement le résultat d’un bureau de vote, aucune sanction n’est adoptée.

En ce qui concerne le scrutin du 1er juillet dernier, l'Institut électoral fédéral précise que les tribunaux ont jusqu'à septembre pour examiner les accusations de fraude.