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CULTURE

"Le financement du cinéma est bousculé par l’avènement du numérique"

Dernière modification : 22/05/2012

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Texte par FRANCE 24

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, fait état des principaux objectifs de son mandat . Dans un entretien exclusif, elle se dit également pour l’arrêt de la fusion entre France 24 et RFI.

Cinéphile et admiratrice du réalisateur italien Nanni Moretti, actuel président du jury du festival de Cannes, Aurélie Filippetti assure qu’elle continuera à défendre le "système de financement qui permet une forme de vitalité du cinéma français".

Interviewée en marge du 65e festival de Cannes, la jeune ministre estime que si la
France reste, selon elle, l’un des derniers pays à "résister au cinéma américain", le  financement traditionnel du 7e art est aujourd’hui bousculé par l’avènement du numérique et l’arrivée de nouveaux acteurs dans le paysage audiovisuel français. 
 
"Les chaînes de la TNT [Télévision numérique terrestre, ndlr] n’ont pas les mêmes obligations de financement [du cinéma] que les chaînes publiques. Il faudra trouver un moyen pour que la multiplication des chaînes n’affaiblisse pas le soutien indispensable de la télévision à la création", précise la ministre.
 
Au programme de ses grands chantiers : la remise à plat de la loi Hadopi,  qui sanctionne le téléchargement illégal par des amendes ; la valorisation de la culture à l’école par le lancement d’un vaste programme d’éducation artistique pour les élèves "de la maternelle à l’université" ; et l’aide à la création, en particulier, pour le spectacle vivant.
 
Bien que le ministère de la Culture ne fasse pas partie des trois ministères aux missions considérées comme prioritaires (justice, éducation, sécurité ), "le président de la République a assuré le ministère de la culture d’une 'sanctuarisation' de ses moyens", signale la ministre qui se dit confiante sur les moyens donnés à la Culture malgré  le contexte de crise.
 
"L’AEF est une holding sans contrat d’objectifs et de moyens"

Aurélie Filippetti a promis  de reconsidérer l’opération de fusion de RFI et France 24, trois ans seulement après le lancement de l'Audiovisuel Extérieur de la France (AEF). "François Hollande avait signé la pétition contre la fusion pendant sa campagne", a-t-elle rappelé.
 
"L’AEF est une holding sans contrat d’objectif et de moyens", dénonce la ministre qui se dit inquiète à la suite de la publication successive de trois rapports : celui de l’inspection générale des Finances, de la Cour des comptes et d’une mission parlementaire. Sorti en mars, ce dernier dénonçait des "défaillances de pilotages" qui  "appellent plusieurs réformes".
 
RFI et France 24 ont récemment fusionné leurs rédactions et la radio doit déménager prochainement près de France 24, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Ce  déménagement, contesté par une partie des personnels, est  à l'origine d'un conflit entre syndicats et direction. "Le déménagement n’est pas un argument pour envisager un point de non-retour", a poursuivi la ministre qui rappelle le rôle "très important de RFI dans les pays africains où les gens n’ont pas accès à l’information de manière libre et indépendante". Elle s’engage à garantir  "la force et la structure" de la radio.
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