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Les chants de la révolution égyptienne

Dernière modification : 15/02/2012

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Texte par Priscille LAFITTE

FRANCE 24 propose un webdocumentaire sur la musique au cœur de la révolution égyptienne : les artistes qui ont chanté à Tahrir, la censure sous Moubarak, l'histoire de la musique engagée, la chanson pro-islamique et la scène alternative du Caire.

À chaque révolution, sa musique. À chaque peuple, ses hymnes fondateurs. Les 18 jours d’occupation de la place Tahrir, du 25 janvier au 11 février 2011, ont vu se déployer une créativité artistique que l’Egypte n’avait pas connue depuis des décennies. Les poètes ont pu dire à la suite de Paul Eluard : Tahrir (littéralement "libération"), je chéris ton nom.

Un an après la chute d’Hosni Moubarak, nous sommes retournés au Caire. Nous y avons rencontré les jeunes chanteurs de la révolution, dont l’objectif est désormais de faire chuter le Conseil militaire actuellement au pouvoir. Parmi eux, Ramy Essam et le groupe Eskenderella. Nous y avons entendu de vieilles chansons oubliées et censurées depuis des décennies, composées par Sayed Darwich et Cheikh Imam.

Au cours de notre périple dans la ville tentaculaire, nous avons fait la connaissance de poètes (en Égypte, les paroliers sont des poètes à part entière), des rappeurs tels que Mohamed el-Deeb, des joueurs de oud, des groupes de rock, nommés Cairokee et Salalem, des DJ qui font de l’électro chaabi, sous les alias DJ Figo, Sadate et Amr Haha. Tous ont été bouleversés par la révolution. Beaucoup ont choisi de vivre désormais de leur art, malgré les conditions économiques difficiles en Egypte.

Or, après quelques mois d’une liberté d’expression sans précédent, l’étau semble  à nouveau se resserrer. À présent, les artistes craignent non seulement la mainmise de l'armée sur l'industrie culturelle, mais aussi les pressions islamistes.

Nous vous proposons un voyage dans la musique engagée : de la place Tahrir, où s’est épanoui le chant révolutionnaire, à l’ancien siège du parti de Moubarak, où, il y a encore un an, se décidait les chanteurs “valables” ou non. Nous ferons étape à l’université du Caire, où s’est écrit un chapitre de l’histoire de la musique politique, celle du poète Ahmad Fouad Negm et de Cheikh Imam. Nous irons au centre culturel Al-Sawy, là où se joue la musique alternative depuis 2003, rendrons visite aux membres de la société de production islamique Wellsbox et assisterons à un mariage dans la banlieue populaire du Caire, le quartier Al Salam, où les DJ électro chaabi sont rois.

Bonne route et bonne écoute !

Pour se rendre sur le webdocumentaire, cliquer ici.