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Samsung vs Apple, la guerre sans fin

Dernière modification : 17/10/2011

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Texte par Sébastian SEIBT

Un peu partout dans le monde, les deux géants de la téléphonie mobile tentent de faire interdire de la vente les produits de l’autre. Dans cette guerre des brevets, Apple a pour l'instant l'avantage sur Samsung.

C’est une guerre mondiale et les armes utilisées sont des bouts de papiers. Apple et Samsung s’affrontent en effet depuis plusieurs mois sur des questions de brevets. Le but de la bataille pour l’inventeur des iPhone et des iPad est de mettre autant de bâtons juridiques que possible dans les roues de son concurrent. De son côté, Samsung ne compte pas se laisser marcher sur les pieds et a dégaîné son propre arsenal de brevets contre Apple. Vendredi, le constructeur sud-coréen a ainsi demandé à la justice japonaise et australienne d’interdire la vente de l’iPhone 4S.

Et ce n’est que le dernier exemple en date de l’escalade judiciaire entre les deux géants de la téléphonie mobile. Il y a actuellement une vingtaine d’affaires en cours dans dix pays, dont la France.

Design et fonctionnalités

Tout a débuté en avril aux États-Unis, par une première plainte en justice d’Apple qui estime que le smartphone Galaxy S et la tablette Galaxy Tab de Samsung copient à la fois le design et certaines fonctionnalités des iPhone et iPad. La société fondée par feu Steve Jobs demande le retrait de la vente des produits de son concurrent aux États-Unis. Le tribunal californien chargé de l’affaire a estimé, jeudi, qu’il y avait en effet des similarités troublantes mais n’a pas encore tranché définitivement.

Apple s’est aussi tourné vers les juridictions européennes et asiatiques pour obtenir des interdictions temporaires de vente des smartphones et des tablettes made in Samsung. Pour l’heure, le géant américain a obtenu deux précieuses victoires contre son concurrent sud-coréen. En Allemagne, le tribunal de Düsseldorf (capitale du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie) a ordonné l’interdiction d’importation et de vente de la tablette Galaxy Tab 10.1 sur tout le territoire allemand. Motif de cette décision : “Le design minimaliste de l’iPad n’est pas la seule solution technique pour faire une tablette tactile”, assure la juridiction allemande, laissant entendre que Samsung a volontairement imité l’apparence de l’iPad pour surfer sur le succès du produit d’Apple.

Plus important encore, la justice australienne vient également de donner raison à Apple. Jeudi, elle a interdit la vente de la tablette de Samsung au motif que la Galaxy Tab 10.1 enfreint des brevets d’Apple sur le “multitouche”. Cette fois-ci, il ne s’agit pas de design et cette technologie est au cœur de bon nombre de smartphones tactiles. Apple pourrait donc en profiter pour empêcher, au moins en Australie, la vente de produits de plusieurs de ses concurrents.

L’agressé devient agresseur

Entre temps, Samsung a décidé de passer du rôle d’agressé à celui d’agresseur... sans succès pour l’instant. Vendredi, un tribunal hollandais a débouté le constructeur sud-coréen qui estimait que les produits d’Apple utilisaient une technologie de réseau internet pour laquelle Samsung devait toucher des royalties.

Un échec qui pourrait avoir des conséquences sur les autres procédures engagées contre Apple. Le 5 octobre, en effet, le constructeur sud-coréen a demandé l’interdiction de vendre l’iPhone 4S en France et en Italie en s’appuyant sur les mêmes violations invoquées aux Pays-Bas. La plainte avait été déposée moins de 24 heures après l’annonce officielle de l’iPhone 4S. Deux semaines plus tard, Samsung a demandé la même chose à la justice japonaise et australienne.

Une guerre des brevets aux multiples ramifications judiciaires qui a, pour Apple, un but précis : ralentir l’expansion du constructeur phare des smartphones de l’armada Android de Google. Samsung s’est d’ailleurs vanté sur sa page Facebook, le 28 septembre, d’avoir déjà vendu plus de 30 millions de téléphones Galaxy S et SII dans le monde, soit quasiment autant que l’iPhone 4 qui est actuellement le smartphone le plus vendu dans le monde (35 millions d’exemplaires).

Samsung ne peut pas, de son côté, se contenter de se défendre car sinon il “court le risque d’apparaître comme une marque qui ne fait que copier Apple”, explique au site Business Week Choi Do Yeon, un analyste sud-coréen spécialisé dans les nouvelles technologies. Une image dont Samsung ne voudra sûrement pas s'encombrer alors que le marché des smartphones est promis à un bel avenir. Un milliard de smartphones devraient, en effet, être vendus dans le monde en 2015, selon le cabinet d’études américain IDC, soit deux fois plus qu’aujourd’hui.