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AFFAIRE DSK

Dominique Strauss-Kahn peut-il revenir dans la course à la présidentielle ?

Dernière modification : 04/07/2011

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Texte par FRANCE 24

Si Dominique Strauss-Kahn a été libéré sur parole ce vendredi, la justice américaine n'a pas pour autant abandonné les poursuites qui pèsent contre lui. En France, d'aucuns s'interrogent déjà sur l'avenir politique de l'ancien directeur du FMI.

DSK peut-il encore être candidat aux primaires socialistes ? La question est sur toutes les lèvres depuis la remise en liberté sur parole de l'ancien directeur du FMI, ce vendredi, suite à la fragilisation du témoignage de la femme de chambre l’ayant accusé de viol le 14 mai dernier à New York.

Ségolène Royal en campagne sur les terres de DSK

Pour que Dominique Strauss-Kahn puisse reprendre pied dans l’avant-campagne présidentielle 2012, il faudrait tout d’abord que le chapitre judiciaire aux Etats-Unis soit clos. Ce qui n'est pas la cas : l’accusation n’ayant pas abandonné les poursuites, l’enquête se poursuit et une nouvelle audience est prévue le 18 juillet au tribunal de New York. Jusqu’à cette date au moins, DSK doit rester à la disposition de la justice américaine, qui conserve son passeport.

Deuxième condition, si l’ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI) est blanchi, en France, le Parti socialiste doit accepter de bouleverser le calendrier des primaires, au terme desquelles sera désigné le candidat pour 2012 lors d’un vote les 9 et 16 octobre prochain. La date limite de dépôt des candidatures a en effet été fixée au 13 juillet, soit cinq jours avant l’audience de DSK à New York.

Le calendrier des primaires en question

Dès l’annonce de sa remise en liberté sur parole, la vice-présidente du conseil

"Des zones d'ombres dans l'affaire amènent à se poser des questions."

régional d'Ile-de-France, la strauss-kahnienne Michèle Sabban a demandé une "suspension" immédiate de la primaire. François Hollande, candidat déclaré, a quant à lui affirmé qu’il n'avait "aucune réserve par rapport à l'idée de reporter la date de clôture du dépôt des candidatures", estimant que le retour dans le jeu d’un rival ne "change rien" pour lui.

Pas sûr toutefois que ces prises de positions suffisent à bouleverser le calendrier. Le numéro un du PS par intérim, Harlem Désir - la secrétaire générale Martine Aubry s’étant déclarée candidate, elle lui a délégué les rênes du parti - a  estimé vendredi qu'il n'y avait "pas de raison de revenir sur ce calendrier". D’autres candidats déclarés, comme Arnaud Montebourg et Manuel Valls, ont eux aussi fait part de leur opposition à ce report.

L'image de DSK dans l'opinion française
Même les strauss-kahniens purs et durs, qui ont rallié François Hollande ou Martine Aubry depuis le 14 mai, sont sceptiques. "Aujourd'hui, il doit se reconstruire lui-même. Je crois que c'est la première étape", a estimé samedi le maire de Lyon Gérard Collomb, dernier en date à s’être exprimé sur le sujet.

Les ténors du PS vs l'opinion ? 

Au-delà de l’embarras des éléphants du PS, reste à savoir comment réagirait l’opinion française à un éventuel retour de DSK en politique. Pour Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion de l’institut Harris-Interactive, les tribulations judiciaires de l’ex-patron du FMI n’auraient pas ébranlé la popularité de celui qui faisait la course en tête dans les sondages en vue de l’élection présidentielle avant le 14 mai.

"Ce qui a été principalement porté à la connaissance des Français sur DSK ces dernières semaines, c’est son attrait pour les femmes, ce qui n’est pas condamnable dans l’opinion, puisque ça relève de la sphère privée et non pas de la sphère politique. DSK reste donc indéniablement une personne compétente aux yeux des Français, qui peut faire passer un certain nombre de messages", estime le sondeur à l’antenne de FRANCE 24.

Mieux, cette séquence pourrait même lui être bénéfique en termes d’image : "C’est une personnalité qui est apparue relativement calme du début à la fin, et les Français ont tendance à créditer favorablement le calme plutôt que l’énervement". De quoi donner des idées à l’intéressé.